25 jan 2021
Chansy Upravan
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Le confinement va-t-il devenir un nouveau mode de vie ?
Entre écologie et humanités numériques, Bruno Latour, sociologue, anthropologue et philosophe des sciences, repense nos vies à l’heure du Covid.

Frédéric MARTEL, journaliste sur France Culture, rapporte l’alerte de Bruno LATOUR, enseignant à Sciences Po Paris : ►Du Covid à l’écologie, "le confinement est définitif".

Cet article donne une vue panoramique sur « un penseur de la complexité et, selon ses propres mots, un "philosophe du sens commun". (…), qui dénonce à la fois les dérives de la mondialisation comme le retour au "local" ».

« La question n’est pas de savoir si "le monde de demain" va remplacer "le monde d’avant", mais si le monde de la surface ne pourrait pas laisser enfin sa place à celui de l’ordinaire profondeur ».

« En imaginant une nouvelle pensée sur l’environnement "tout en équilibre", et pourtant radicale aussi, à sa façon, Bruno Latour est devenu incontournable. (…) Nous sommes entrés dans l’âge de "l’anthropocène". Le terme signifie "l’ère de l’humain" : il a été proposé pour définir la période de l’histoire de la terre depuis laquelle les activités humaines ont une incidence significative et globale sur l’écosystème terrestre et la géologie (…).  

« Quelles que soient sa définition et ses bornes chronologiques, cette "accélération" de notre développement économique n’est pas tenable ; la question des limites se pose. C’est que la notion même de "sol" est en train de changer de nature. Nous serons tous affectés, migrants devant quitter leur pays ou "restants" que leur pays va quitter. Nul ne sera plus "à l’abri". Le sol va nous lâcher, nous abandonner (…). Et comme la terre devient un acteur, il suffirait de la prendre en compte sérieusement et la respecter réellement pour survivre. Il suffit d’avoir de la suite dans les idées. (…). Ce qui fait la singularité de Latour, c’est qu’il relie subtilement la question écologique à celle du confinement.(…)

« Les migrations actuelles préfigurent les migrations climatiques ; l’explosion des inégalités va s’accélérer ; l’accélération du capitalisme mondialisé sera de plus en plus intenable. Qu’on le veuille ou non, la totalité de nos modes de vie vont devoir changer. Le Covid est juste l’un des premiers signes annonciateurs.(…) »

« Latour imagine un changement profond de paradigme politique. (…) Le XXIe siècle sera l’âge de la question "géo-sociale" et les conflits qui nous attendent seront "géo-sociaux" (…). C’est le modèle d’ensemble qu’il faut repenser, en prenant son temps… se donner les moyens de changer de modèle en profondeur, sur la durée, au lieu de susciter des blocages (…).

« La pensée latourienne est d’abord une nouvelle "méthode" en sciences sociales. Avec d’autres, il contribue à approfondir le riche concept d’humanités numériques (…) ».

« Il faut certes transformer le capitalisme mais le futur ne peut pas être imaginé sans l’économie de marché, la seule à permettre la production de biens de consommation de masse, bon marché et écologiques, et de nourrir quotidiennement dix milliards d’humains à l’horizon 2050. (…) ».

« L’écologie est l’un des piliers de la grande mutation nécessaire, mais l’économie et le social aussi ; si on ne s’appuie pas sur ces trois piliers à la fois, on échouera… également si on ne mise pas sur l’innovation, la recherche et le développement ou l’expérimentation. (…) »

Sommes-nous prêts à entendre ce penseur ? Va-t-on laisser "le confinement" devenir un nouveau mode de vie ?

Beaucoup de personnes sont loin du monde des intellectuels dont les propos peuvent parfois être considérés extravagants ; comme par définition, ils appartiennent à ceux qui les expriment, elles ne voient pas l'intérêt de se positionner face à leurs auteurs.

Aujourd’hui, certain(e)s de nos concitoyen(ne)s sont dans un état de grande lassitude suite à l’année rocambolesque que nous venons de vivre et qui se poursuit sans date butoir. Un grand nombre d’entre eux(elles) sont sous la dictature du manque de visibilité sur l’avenir, avec la peur de la précarité et de l’isolement à la clé. L’avenir de notre jeunesse et des générations à venir est également préoccupante. Cette situation ne nous laisse pas indifférents.

Notre vision Oui Ensemble sur le devenir de nos sociétés, exprimée différemment et abordée par un autre biais, rejoint celle de Bruno LATOUR. Il a retenu notre attention car, dans le partage de ses pensées, « ce philosophe s’acharne à proposer des solutions parce qu’il pense que ce n’est pas trop tard ».

De notre côté, notre optimisme nous a poussés à allier nos pensées à l’action en choisissant de partir du verre à moitié plein pour mettre une pierre à l’édifice du défi sociétal, environnemental et climatique. Dans cette démarche pragmatique, notre conception projet a abouti à la création de l’Organisation Sociale Inclusive en Réseau Oui Ensemble orchestrée de manière à fédérer et mobiliser le plus grand nombre sur le chemin de ►l’humanisation de nos sociétés.