30 juin 2020
Chansy Upravan
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aide à domicile

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Le Grand Âge et les aides à domicile suite à la crise du Covid-19
Le Grand Âge est-il sincèrement un enjeu de société ? La question reste posée avec le Covid-19 et ses conséquences sur la fin de vie et le deuil, sans oublier les aides à domicile « qui ont fait partie des métiers prioritaires pendant la crise sanitaire et qui se sentent invisibles aujourd’hui ».

Nous sommes interpelés par :

  • Le ►reportage de la journaliste sur France 24, Karina CHABOUR, avec : ~ Catherine, aidante professionnelle auprès des personnes âgées à leur domicile pour leurs gestes de la vie courante. Elle témoigne travailler 25 heures par semaine payées au SMIC, faire les gestes d’une aide-soignante sans en avoir la reconnaissance, et avoir été en colère après avoir contracté le Covid 19 car sans masque pour travailler. ~ Danièle, avec sa mission de livraison de paniers repas. Elle nous raconte avoir vécu une épreuve avec la crise sanitaire et les 25 personnes qui sont décédées autour d’elle. Elle souligne le manque de reconnaissance des pouvoirs publics.
  • La chronique de l’interruption ►Qu’avons-nous fait du deuil, signée par le journaliste et écrivain Jean François BOUTHORS : « Un virus nous a conduits à (…). Honorer les morts, le geste le plus fondamental de l’humanité, depuis la lointaine préhistoire, a été réduit à sa plus simple expression : quelques membres de la famille, une cérémonie sommaire, sans étreintes ni embrassades. (…) ».  
  • En dehors de tout engagement religieux, l’article de Valérie REGNIER (responsable de Sant’Edigio France) dans ►Ouest-France : « Le Grand Âge représente un enjeu de société crucial (…) le Covid-19 est venu confirmer cette réalité. En France, elle a dramatiquement dévoilé l’inadéquation de la politique d’accompagnement des seniors que nous avons poursuivie. (…) s’il est une responsabilité dans la perte de dignité humaine qu’a manifesté cette hécatombe, elle est nationale. (…). Il ne s’agit pas de réformer le système, mais d’en changer le principe. (…). Il faudra un sursaut culturel pour rompre avec la pensée unique qui force à concevoir la fin de vie sur le mode d’une délégation finalement déshumanisante. (…) ». Elle conclut sur les « atouts » de notre pays avec ses réseaux professionnels qui doivent être renforcés du tissu social autour de nos aînés, et de la nécessité d’instaurer des projets inclusifs et préventifs. Puis, en rappelant le nombre des aînés décédés pendant la crise sanitaire, elle espère que l’on n’attendra pas « une autre catastrophe », quelle qu’elle soit, pour agir !

« Renforcer un tissu social autour de nos aînés et instaurer des projets inclusifs et préventifs ? ». Ces quelques mots entrent en résonnance avec Oui Ensemble qui rend hommage au Grand Âge.

Au pic de la crise du Covid-19, nous avons été nombreux à avoir été choqués par les personnes qui ont spéculé sur les masques et les gels hydroalcooliques, considérés vitaux pour la santé publique.

Aujourd’hui, en observant nos sociétés avec le recul, nous nous interrogeons. Cet état de fait, ne serait-il pas un simple reflet du chemin que nous avons tracé tous ensemble et qui est arrivé à son paroxysme ? N’avons-nous pas mis au second plan l’humain, au profit des biens matériels et la course au "toujours plus" ? C’est d’autant plus fragrant avec ce que nous avons fait de la fin de vie et du deuil pendant cette période !

Maintenant que nous sommes arrivés à l’orée du « Jour d’Après » suite à la pandémie, avec la peur d’une crise économique mondiale qui se profile à l’horizon, va-t-on nous permettre la mise en action du « sursaut culturel pour rompre avec la pensée unique » ?

Plusieurs d’entre nous, expérimentés dans ce secteur d’activités, se sont retirés, car de multiples situations de cause à effet liées à la pensée unique ont compliqué et empêché la prise en charge de nos aînés, à domicile ou en structure, avec notre vision.

« Il ne s’agit pas de réformer le système, mais d’en changer le principe ». Ce but alimente notre démarche. De plus, comme l’exprime Stéphane LAPORTE, ►Ça n’existe pas, le bloc des aînés ! Alors face au contexte dans lequel nous nous retrouvons avec le Covid-19, qui n’est pas simple à appréhender devant nos comportements individualistes, nous décidons de nous réinvestir dans le milieu en abordant "autrement" le Grand Âge.

Sensibles à la fin de vie dans la dignité, nous nous remobilisons autour de notre projet qui a été motivé par des témoignages de nos aînés en fin de vie. Leurs regrets, pour ne pas avoir su comprendre leurs proches et développer des relations harmonieuses, nous ont incités à approfondir notre regard sur l’humain, et à envisager notre champ d’action sur les besoins à partir de valeurs communes, et ce, de manière à être capables de :

  • Répondre aux attentes des personnes âgées et de celles présentant des handicaps, avec le « Maintien de l’équilibre et de la bonne santé », le « Lieu de vie » et la « Vie sociale ».
  • Reconnaître les professionnels compétents qui œuvrent auprès de nos aînés.

Catherine soulève la problématique de la panoplie d’intermédiaires se télescopant sur le terrain. Un constat récurrent qui mérite de nous faire réfléchir à nouveau aux cahiers des charges. Certes, le « Système D » apporte les solutions. Mais quoi de plus légitime que d’éviter les doublons inéquitables, et de reconnaître l’importance d’un métier qui vient soutenir et préserver, le plus longtemps possible, le maintien de l’autonomie de nos aînés ?

Les aides à domicile participent au maintien de l’équilibre et de la bonne santé de nos aînés en évoluant au fil du temps à leurs côtés. Ce métier, cimenté par la relation humaine dans la confiance, impose d’avoir avant tout une bonne écoute afin de comprendre et agir avec compétence, et épauler les gestes de le vie courante.

Etant convaincus que les réponses sont dans le "pouvoir-faire" présent en chacun de nous, nous avons choisi :

  • De déployer les "savoir-agir" autonomes et responsables des aidants professionnels, ainsi que leurs compétences transversales, car de notre point de vue, c'est la seule façon d'avoir les moyens de les stabiliser en consolidant leur pouvoir d’achat.
  • De prendre le parti du maintien en activité adapté à la perte d’autonomie de nos aînés et à leurs capacités financières, pour combattre leur isolement affectif et relationnel, cela en cohérence avec un collectif élargi concerné et impliqué.

En conséquence, au sein d’un réseau que nous sécurisons entre, l’aîné, son entourage de proximité, et des acteurs sur des valeurs et des intérêts communs, nous optimisons ►les passerelles solidaires et les coopérations dans une mobilisation positive et dynamique des énergies.

Chacun étant unique, nos ►services d’accompagnement pour le maintien de l’autonomie à domicile s’épanouissent dans le respect de l’individualité et celui de l’ouverture aux autres.

Nous approchons l’éthique par anticipation, sous toutes ses formes, car le relationnel, entre les usagers et les intervenants, professionnels et proches, se complexifient sous le dictat de déviances, maltraitances et conflits d’intérêts, qui sont des sources de mise sous pression psychologique, avec des débordements et des effets collatéraux.

Nous fédérons les liens et les rencontres, car l’interaction constante entre des personnes issues d’horizons et de cultures variées, souvent dotées de référentiels très différents, offre un enrichissement mutuel. Une attention particulière est accordée à l’intelligence de situation ou "émotionnelle" que nos aïeux résumaient au bon sens, à la jugeote, au discernement.

Ce cheminement humain orchestré sur les besoins de nos aînés, puis transposé sur nos besoins à chaque étape de la vie, a favorisé la conception de la colonne vertébrale du modèle économique Oui Ensemble avec son ►Maintien en activité dans un autre regard.

C’est donc par le biais de l’enjeu de société du Grand Âge que l’action de notre Organisation Sociale Inclusive en Réseau a été conçue, architecturée de façon à accueillir le plus grand nombre pour lutter, préventivement, contre l’isolement et la perte d’autonomie financière, affective et relationnelle.

Nous accompagnons et facilitons le "pouvoir-faire" des personnes qui souhaitent « Travailler autrement, Vivre dignement et Vieillir sereinement » afin de rester auteur de leur vie sur leur territoire.

Dans l’ouverture mondiale, le brassage culturel et toutes les générations animées par l’estime de l’être vivant, nous portons notre cause Bien Vieillir Longtemps Ensemble avec, en fil conducteur : ~ la Bientraitance, ~ la prévention de l’usure professionnelle, ~ et les Risques Psycho-Sociaux (RPS).